GEMBP

L'atelier du diamantaire

Espace pédagogie

Les fondamentaux pour comprendre ton business plan, dans des mots simples.

Comprendre tes chiffres

Le chiffre d'affaires (CA)

En 2 phrases

Le chiffre d'affaires, c'est tout ce que ton activité encaisse en vendant des produits ou des services, avant d'en retirer les coûts. C'est le « gros tuyau » qui rentre.

Pourquoi ça compte

C'est la première ligne de ton compte de résultat et la référence de tous tes ratios (marge, rentabilité, BFR). Sans CA prévisionnel crédible, ton BP ne tient pas debout.

Repère

En France, un commerce de proximité fait souvent un CA équivalent à 4 à 6 fois sa marge annuelle. Une activité de service à 70-90 % de marge fonctionne très différemment d'un commerce à 30 %.

La marge brute

En 2 phrases

La marge brute, c'est ce qu'il te reste quand tu enlèves de ton chiffre d'affaires uniquement les coûts directement liés à ce que tu vends (matières premières, achats de marchandises, sous-traitance). Tout le reste — loyer, salaires, charges — est payé avec cette marge.

Pourquoi ça compte

C'est le vrai indicateur de viabilité commerciale. Une marge brute trop faible te condamne à compenser par du volume, et le volume coûte cher à fabriquer.

Repère

Restauration 65-75 %, commerce de détail 30-50 %, service pur 80-95 %, boulangerie ~70 %.

Le BFR (Besoin en Fonds de Roulement)

En 2 phrases

Le BFR, c'est l'argent que ton activité bloque dans son cycle d'exploitation — coincé entre le moment où tu payes tes fournisseurs et celui où tes clients te règlent. C'est de l'argent qui dort.

Pourquoi ça compte

Un BFR mal estimé fait tomber des entreprises rentables en cessation de paiement. Tu peux être bénéficiaire au compte de résultat et à sec en banque.

Repère

Un BFR sain représente 30 à 90 jours de chiffre d'affaires selon ton secteur. Le commerce de détail a un BFR faible ; le bâtiment ou le conseil, plus élevé à cause des délais clients.

L'EBE (Excédent Brut d'Exploitation)

En 2 phrases

L'EBE, c'est ce que ton activité génère vraiment — une fois retirés tous les coûts d'exploitation (achats, salaires, charges, loyer, énergie), mais avant les amortissements, les impôts et les emprunts. C'est ta « performance pure » d'exploitation.

Pourquoi ça compte

Un banquier regarde l'EBE pour juger si ton entreprise tient debout avant tout effet de financement. Si ton EBE est négatif, l'activité ne paie pas son fonctionnement.

Repère

Un EBE/CA entre 8 et 15 % est typique d'une activité saine. Une SaaS mature peut dépasser 30 %, un restaurant tourne autour de 10-12 %.

La CAF (Capacité d'Autofinancement)

En 2 phrases

La CAF mesure l'argent que ton activité dégage après impôts et frais financiers, mais avant d'avoir investi ou remboursé tes emprunts. C'est ton vrai pouvoir d'autofinancement annuel.

Pourquoi ça compte

C'est avec la CAF que tu rembourses tes emprunts et que tu finances tes nouveaux investissements. Si elle ne suffit pas, tu dois lever de la dette ou ouvrir ton capital.

Repère

Les banques exigent généralement que les annuités d'emprunt ne dépassent pas 60-70 % de la CAF. Au-delà, le dossier coince.

Le seuil de rentabilité

En 2 phrases

Le seuil de rentabilité, c'est le chiffre d'affaires minimum à faire pour ne pas perdre d'argent — au-delà, chaque euro vendu devient bénéfice. On dit aussi « point mort » quand on l'exprime en nombre de jours.

Pourquoi ça compte

C'est l'objectif vital de ta première année. Si ton seuil est à 6 mois, ton activité doit tourner à plein régime dès l'été pour ne pas saigner.

Repère

Calcule-le ainsi : Charges fixes annuelles / taux de marge. Avec 80 k€ de charges fixes et 40 % de marge, ton seuil est à 200 k€ de CA.

Le plan de financement

En 2 phrases

Le plan de financement, c'est le tableau qui montre d'un côté ce que tu dois financer (investissements, BFR, trésorerie de démarrage) et de l'autre, où tu trouves l'argent (apport personnel, emprunt, aides, capital). Les deux côtés doivent s'équilibrer.

Pourquoi ça compte

C'est la première page que regarde ton banquier. Un plan déséquilibré ou avec trop peu d'apport personnel fait fuir les prêteurs.

Repère

Les banques attendent généralement un apport personnel de 20 à 30 % du total des besoins. En deçà, il faut compenser par des aides ou des prêts d'honneur.

Le plan de trésorerie

En 2 phrases

Le plan de trésorerie suit ton solde bancaire mois par mois sur l'année : ce que tu encaisses, ce que tu décaisses, et combien il reste sur le compte au 31 du mois. C'est le tableau qui te dit si tu vas tenir.

Pourquoi ça compte

Une entreprise meurt rarement de pertes — elle meurt à court de cash. Le plan de trésorerie te montre les mois critiques (TVA à payer, gros achats, saisonnalité) avant qu'ils arrivent.

Repère

Garde toujours un coussin de trésorerie d'au moins 1 à 2 mois de charges fixes. Si tu prévois un solde négatif sur un mois, tu sais qu'il te faut un découvert autorisé ou un emprunt court terme.

Ta fiscalité

La TVA

En 2 phrases

La TVA est une taxe que tu collectes pour l'État sur tes ventes (TVA collectée) et que tu récupères sur tes achats (TVA déductible). Tu reverses la différence à l'administration tous les mois ou trimestres.

Pourquoi ça compte

La TVA n'est pas ton argent — c'est de l'argent qui passe dans tes comptes. Beaucoup de jeunes boîtes la dépensent par erreur et se retrouvent à payer une grosse dette à l'État en fin de période.

Repère

Taux standard 20 %, taux réduit 10 % (restauration sur place, hôtellerie), 5,5 % (alimentaire de première nécessité), 2,1 % (médicaments remboursés). Tes ventes en BtoB sont quasi toutes à 20 %.

L'IS (Impôt sur les Sociétés)

En 2 phrases

L'IS est l'impôt que ta société paie sur son bénéfice, après toutes les charges et amortissements. Une entreprise déficitaire ne paie pas d'IS.

Pourquoi ça compte

C'est la charge fiscale la plus prévisible de ton BP. Bien estimé, il évite les surprises ; mal estimé, il plombe ta trésorerie de l'année suivante.

Repère

15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice (sous conditions de CA < 10 M€), puis 25 % au-delà. Les acomptes d'IS sont à payer en mars, juin, septembre et décembre.

L'amortissement

En 2 phrases

Quand tu achètes un investissement (matériel, véhicule, agencement), tu ne déduis pas son prix d'un coup — tu l'étales sur sa durée de vie. C'est ça l'amortissement : une charge comptable qui réduit ton bénéfice imposable chaque année.

Pourquoi ça compte

L'amortissement réduit ton IS sans sortir de cash. C'est pour ça que le cash en banque n'est jamais égal au bénéfice comptable.

Repère

Matériel informatique 3 ans, véhicules 5 ans, agencements de magasin 10 ans, bâtiment 25-50 ans. Plus la durée est courte, plus l'avantage fiscal arrive vite.

Tes aides et dispositifs

L'ACRE

En 2 phrases

L'ACRE (Aide à la Création ou Reprise d'Entreprise) t'exonère partiellement des cotisations sociales pendant ta première année d'activité. Elle est automatique pour les micro-entrepreneurs, et soumise à conditions pour les autres statuts.

Pourquoi ça compte

Sur un revenu de 30 000 €, l'exonération représente facilement 4 000 à 8 000 € de cash en moins qui sortent la première année. Sur un dossier banquier, c'est une crédibilité supplémentaire.

Repère

Demandeur d'emploi, jeune de moins de 26 ans, bénéficiaire des minima sociaux, ou créateur dans un quartier prioritaire — l'un de ces critères suffit. Demande à faire dans les 45 jours après la création.

La JEI (Jeune Entreprise Innovante)

En 2 phrases

Le statut JEI s'adresse aux entreprises qui consacrent au moins 15 % de leurs charges à la recherche et développement. Il donne une exonération d'impôts (IS, taxe foncière, cotisation économique) et de charges sociales sur les chercheurs.

Pourquoi ça compte

Sur un projet tech ou deeptech, le statut JEI peut diviser par 2 le coût d'embauche d'un développeur ou d'un ingénieur R&D sur les premières années.

Repère

Entreprise de moins de 8 ans, moins de 250 salariés, indépendante (capital pas détenu à plus de 50 % par un grand groupe). À vérifier chaque année — le statut n'est pas figé.

Le CIR (Crédit Impôt Recherche)

En 2 phrases

Le CIR est un crédit d'impôt qui rembourse 30 % des dépenses de R&D engagées dans l'année — salaires de chercheurs, sous-traitance avec un labo agréé, brevets. Il vient en déduction de ton IS, ou il est remboursé directement aux jeunes entreprises.

Pourquoi ça compte

Pour une jeune boîte tech qui dépense 100 k€ en R&D, le CIR rapporte ~30 k€ de cash sous 6-12 mois. C'est souvent l'aide la plus rentable du dispositif français.

Repère

30 % jusqu'à 100 M€ de dépenses, puis 5 % au-delà. Les dépenses de personnel R&D sont valorisées à 200 % de leur coût réel (avec un forfait de fonctionnement) — ça booste l'enveloppe.

Les zones aidées (ZRR / QPV)

En 2 phrases

Si tu installes ton activité dans une Zone de Revitalisation Rurale (ZRR) ou un Quartier Prioritaire de la Politique de la Ville (QPV), tu peux bénéficier d'exonérations fiscales (IS, taxe foncière, CFE) pendant 5 à 8 ans. C'est l'État qui pousse à l'implantation hors métropoles.

Pourquoi ça compte

Sur un bail commercial de 9 ans, les exonérations peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros — souvent plus qu'un emprunt bancaire d'aide à la création.

Repère

Carte des ZRR sur le site de l'ANCT, liste des QPV sur celui du Ministère de la Cohésion des Territoires. Vérifie systématiquement avant de signer un bail.

Lever des fonds (dilutif)

Le principe d'une levée de fonds dilutive

En 2 phrases

Lever des fonds en cédant des actions, c'est faire entrer un investisseur au capital via une augmentation de capital — tu es "dilué" parce que ton % du gâteau diminue. C'est distinct du financement par dette (prêt bancaire, BPI) qui, lui, ne te dilue pas.

Pourquoi ça compte

Tu lèves quand tu as besoin de cash pour aller plus vite que la rentabilité ne le permet — typique du tech early-stage où il faut financer la croissance avant le break-even. Mais chaque tour dilue ton % de capital, donc ton contrôle.

Repère

En seed, on cède typiquement 15 à 25 % du capital pour 500 k€ à 2 M€. Les fondateurs gardent une majorité au moins jusqu'au Series A. Au-delà de 50 % de dilution cumulée, tu perds le contrôle de ta boîte.

Les BSPCE (Bons de Souscription de Parts de Créateur d'Entreprise)

En 2 phrases

Outil fiscal français qui permet à une startup d'attribuer à ses salariés et dirigeants le droit d'acheter plus tard des actions à un prix fixé aujourd'hui — typiquement le prix du dernier tour. Si la boîte prend de la valeur, le bénéficiaire achète "moins cher" et empoche la plus-value.

Pourquoi ça compte

C'est l'outil principal pour fidéliser une équipe quand tu n'as pas les moyens de payer au prix du marché. Fiscalité avantageuse (flat tax 30 % au lieu de TMI + charges sur un salaire).

Repère

Réservé aux SA / SAS / SCA soumises à l'IS, immatriculées depuis moins de 15 ans, non cotées (ou capitalisation < 150 M€), dont le capital est détenu à au moins 15 % par des personnes physiques (seuil abaissé de 25 % à 15 % par la loi de finances 2026, applicable aux émissions à compter du 1er janvier 2026). Vesting standard : 4 ans avec cliff de 1 an. Strike price figé au moment de l'attribution.

Les BSA Air (Bon de Souscription d'Actions — Accord d'Investissement Rapide)

En 2 phrases

Contrat d'investissement rapide entre une startup et un investisseur, où celui-ci verse du cash maintenant et reçoit ses actions plus tard — au prochain tour de financement, avec une décote. Permet de lever quelques dizaines de milliers d'euros sans renégocier la valo aujourd'hui.

Pourquoi ça compte

Tu lèves en quelques jours sans audit ni term-sheet complète, idéal pour finir un MVP ou tenir 6 mois jusqu'à la seed. L'investisseur prend un risque mais bénéficie d'une décote (souvent 15 à 30 %) à la conversion.

Repère

Typique sur des tickets de 25 à 150 k€. Comporte généralement un valuation cap (plafond de valo à la conversion) + une décote. Modèle standardisé par The Family / Galion.

Les BSA Advisor (rémunération en equity d'un conseiller)

En 2 phrases

BSA attribués à un advisor (mentor, expert sectoriel, ancien fondateur) pour le rémunérer en actions à venir plutôt qu'en cash. L'advisor signe une convention en échange de quelques jours de conseil par an et reçoit le droit d'acheter des actions à prix bas plus tard.

Pourquoi ça compte

Te permet de t'entourer de profils seniors qui ne travailleraient jamais pour ton TJM startup. Aligne leurs intérêts avec les tiens sans cramer ta trésorerie.

Repère

Barème usuel — 0,1 à 0,5 % du capital par advisor selon son apport. Vesting 2 à 4 ans, souvent linéaire mensuel. Définir un livrable clair (4-6 sessions/an + intros) pour éviter les advisors fantômes.

Le pacte d'associés

En 2 phrases

Contrat séparé des statuts, signé entre tous les associés, qui fixe les règles de vie commune au-delà du droit des sociétés. Confidentiel (pas publié au greffe), il prévaut sur les statuts entre signataires.

Pourquoi ça compte

C'est là que sont planquées les vraies règles — clauses de sortie, droit de préemption, anti-dilution, gouvernance, leaver, etc. Un pacte mal foutu peut te coûter ta boîte en cas de désaccord avec ton cofondateur ou tes investisseurs.

Repère

À signer dès le 2e associé et obligatoirement à chaque tour de table. Compter 3 à 8 k€ HT chez un cabinet sérieux (Aramis, Bird & Bird, Jeantet). Ne signe jamais un pacte sans avoir relu chaque clause à froid.

Les clauses de leaver (good leaver / bad leaver)

En 2 phrases

Clauses du pacte d'associés qui définissent ce qu'il se passe quand un associé opérationnel (fondateur ou salarié actionnaire) quitte la boîte. Selon la cause du départ, il garde ou rend ses actions, à un prix qui varie du symbolique à la valeur de marché.

Pourquoi ça compte

Protège la société quand un cofondateur disparaît avec 30 % du capital sans plus apporter de valeur. Et te protège, toi, contre une exclusion abusive si tu joues bien le jeu.

Repère

Typiquement un good leaver (décès, invalidité, licenciement sans faute) garde ses actions ou les revend au prix du marché. Bad leaver (démission, faute lourde, faute grave) revend à la valeur nominale ou prix décoté. Période de vesting standard sur les founder shares : 4 ans avec cliff 1 an.

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